mercredi 7 octobre 2009

INTRODUCTION


Parcourir le canal de Nantes à Brest n’a rien à voir avec l’escalade d’un 8000 mètres dans l’Himalaya ou la montée de l’Alpe d’Huez un 14 juillet par grand soleil.

Il est facile de suivre la voie d’eau d’écluse en écluse, du cœur de Nantes au débouché dans la rade de Brest. Nous avons décidé de passer une semaine à vélo en famille. Le bonheur!

Laurence et moi-même sommes chacun équipés d’une remorque. Nos deux garçons (Alban, 4 ans et Mathias, 2 ans) n’auront donc pas un seul coup de pédale à donner! Maman et Papa feront tout le boulot!


Le récit qui va suivre se décompose comme suit:
PAGE 1
1) Dimanche 2 août 2009: Jusqu’à Blain. Distance parcourue: 34 km
2) Lundi 3 août 2009: Jusqu’à Redon. Distance parcourue: 49 km
3) Mardi 4 août 2009: Jusqu’à Josselin. Distance parcourue: 70 km
4) Mercredi 5 août 2009: Jusqu’à Pontivy. Distance parcourue: 52 km
5) Jeudi 6 août 2009: Jusqu’à Gouarec. Distance parcourue: 44 km
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6) Vendredi 7 août 2009: Jusqu’à Landeleau. Distance parcourue: 59 km
7) Samedi 8 août 2009: Jusqu’à Châteaulin. Distance parcourue: 67 km
8) Bilan chiffré

RÉCIT DE VOYAGE

Nous avons choisi de parcourir le canal de Nantes vers Brest pour une raison très simple, c’est que le canal porte pour nom "de Nantes à Brest", qu’il y a bien une cause à cette appellation, et qu’il existe toujours une certaine mystique à cette course vers l’occident, le Finistère, la fin des terres… Mais rien n’interdit de le parcourir dans l’autre sens sauf qu’on aura le soleil dans l’œil tous les matins.

Le chemin de halage qui longe la voie d’eau est carrossable tout au long du trajet, sa largeur est d’environ deux mètres et il est presque partout revêtu de gravillons ou de terre. Même si certaines portions du canal ont été déclassées en tant que voie d’eau navigable, le canal et le chemin qui le borde, sont toujours restés dans le domaine public.


Ce chemin est interdit à toute circulation motorisée, et bardé de solides chaînes tout au long du parcours, il est particulièrement adapté à la randonnée à bicyclette. Le propre d’un chemin de halage, c’est qu’on y halait les péniches, à épaule d’hommes quelque fois, mais le plus souvent à l’aide de chevaux. Pour que cette servitude soit respectée, pour que les chevaux puissent continuer à tirer, il faut qu’il y ait continuité du tracé. C’est ainsi que le chemin de halage se poursuit même au cœur des cités. L’exemple typique est la ville de Redon, dont la traversé s’effectue en cinq minutes à peine sur quelque dizaines de mètres de macadam…

Pourquoi un canal?

Un canal est une voie d’eau destinée à relier deux points, et à desservir par la même occasion les villes du pays traversé. C’est en somme une route, mais dont le revêtement serait liquide.

Pourquoi a-t-on construit des canaux pour le transport de marchandises, et pas des routes?

La réponse est simple: une péniche, même de petit gabarit, transportait cent fois le contenu d’une charrette, et il suffisait d’un seul animal pour la haler. Quant au temps, il ne possédait pas l’importance qu’il a acquis de nos jours.

L’infrastructure nécessaire au carroyage des marchandises et aux diligences était extrêmement lourde et coûteuse: nombreux chevaux, relais de poste, maréchaux-ferrants, entretien des routes, etc… Voilà pourquoi l’essentiel des marchandises, dans les siècles passés, empruntait fleuves et canaux. Deux mariniers et un cheval suffisaient pour mener 100 tonnes de fret à l’autre bout du pays.

Le canal de Nantes à Brest emprunte les vallées de l'Erdre, de l’Isac, de l’Oust, du Blavet, du Doré, de l’Hyère et de l’Aulne. Sa construction remonte à la première moitié du XIXe siècle et sa longueur totale est de 364 km.
L’idée d’ouvrir une voie de navigation intérieure en Bretagne remonte au XVIe siècle. En 1769, un premier projet de canal est proposé et des plans sont élaborés. Il faut cependant attendre le début du XIXe siècle et le blocus de Brest par les Britanniques pour convaincre Napoléon Ier de l’intérêt stratégique de débloquer Brest par l’arrière-pays.
Les dates clés:
1804: étude du projet
1811: début des travaux
1814: Napoléon Ier est exilé, les travaux cessent
1822: Reprise des travaux
1842: Ouverture du canal
1890-1914: La plus belle époque du canal
À partir de 1923, la construction du barrage de Guerlédan et les progrès du chemin de fer mettent un point final au «fret» par voie d’eau (douce) entre Nantes et la rade de Brest. Aujourd’hui, les chevaux de halage ont laissé place aux pêcheurs, promeneurs et sportifs. Gabares et chalands disparus, le canal, lui-même n’ouvre plus ses écluses qu’aux plaisanciers.
Le canal mesure, de l’Erdre à l’Aulne, 364 km mais n’est artificiel que sur 20 % de sa longueur soit environ 73 km. Huit cours d'eau sont canalisés pour l’alimenter, ou aménagés pour les rendre navigables, devenant les ramifications d’un assez surprenant réseau navigable breton.

Les ouvriers —parfois des paysans, souvent des bagnards ou des prisonniers de guerre — et les ingénieurs créèrent, au total, près de 600 kilomètres de voies et 325 écluses dans les cinq départements traversés par le canal.

Quelques chiffres:

- Le canal de Nantes à Brest représente: 238 écluses dont 18 englouties par le barrage de Guerlédan (la dernière écluse est la 237 mais il existe une 17 bis à Redon).

- Les huit cours d’eau canalisés sont: l’Erdre, l’Isac, l’Oust, le Blavet, le Doré, le Kergoat, l’Hyères et l’Aulne.

- Coût des travaux: 160 millions de franc-or de 1860 (soit 150 millions d’euros en 2000).


Les présentations étant faites, place à notre journal de bord!

Dimanche 2 août 2009: Jusqu’à Blain. Distance parcourue: 34 km

Grand départ ce matin à 10h sous un beau soleil! C’est parti pour une semaine de vélo en famille! Beau papa nous dépose à "Bois-de-bout", c'est-à-dire entre les écluses 2 et 3. Comme nous ne sommes pas des tricheurs et que nous tenons à parcourir le chemin de halage dans son intégralité, nous prenons la direction de l’écluse n°2 afin d’être sur la ligne de départ. Et oui, le canal et son chemin de halage ne démarre réellement qu’à l’écluse de Quiheix et non à celle de Saint Félix, qui elle, se situe dans le centre de Nantes. La journée est un peu difficile pour Laurence qui n’a pas l’habitude de tracter la remorque. Heureusement, le coach n’est jamais très loin!

A Blain, nous nous baladons en ville et admirons le magnifique château de La Groulais. Nous logeons ce soir chez un couple de retraités charmants.

Lundi 3 août 2009 : Jusqu’à Redon. Distance parcourue: 49 km

Départ ce matin à 9h15 après un copieux petit déjeuner. Le temps est agréable, il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, il n’y a pas de vent, bref, des conditions idéales pour faire de la bicyclette!
Nous rencontrons pas mal de gens sur le chemin de halage, tout le monde se dit bonjour, c’est vraiment très convivial. La présence des enfants suscite spontanément la sympathie des personnes que nous rencontrons.
Alban et Mathias se comportent d’excellente manière. Ils sont ravis de la balade. Nous allons à leur rythme et faisons régulièrement des haltes pour dessiner, jouer, admirer le paysage, les animaux ou encore le passage des bateaux aux écluses. Passer quatre ou cinq heures par jour dans la remorque ne leur pose aucun souci. Une fois de plus, je constate l’incroyable facilité d’adaptation des enfants..Ils se sont appropriés l’espace de leur remorque très rapidement. C’est devenu leur nouveau "chez eux", ils y jouent, dorment, mangent… Nous sommes en famille et c’est tout ce qui leur importe. A aucun moment ils nous questionnent pour savoir quand nous allons rentrer à la maison. Nous pourrions partir des mois tous les quatre sans le moindre problème. Tout va bien pour nos deux loulous pourvu que papa et maman soient là!
Parfois, Alban demande à sortir de la remorque pour pouvoir courir un peu. Il descend, nous repartons alors à vélo et lui nous suit en courant jusqu’à épuisement! Inutile de préciser que le soir, il dort très bien!
La journée est longue, surtout pour Laurence. La route est très caillouteuse sur cette portion du canal, on se traine avec nos remorques. Nous ne sommes pas mécontents d’arriver enfin à Redon!

Mardi 4 août 2009 : Jusqu’à Josselin. Distance parcourue: 70 km

Départ ce matin à 8h pour notre plus longue étape, notre "Mont Ventoux" à nous! Le soleil nous accompagne tout au long de la journée. Les écluses que nous découvrons aujourd’hui sont particulièrement belles et fleuries. Il faut préciser que les éclusiers sont en général très sympas. Certains bichonnent particulièrement leur petit coin de paradis. Ils sont parfois autant éclusiers que paysagistes! Ce midi, nous déjeunons à Malestroit, jolie cité de caractère. Heureusement que le chemin est d’excellente qualité sinon ces 70 km se seraient transformés en enfer!

Josselin est une ville magnifique, il est très agréable de s’y promener.

Mercredi 5 août 2009 : Jusqu’à Pontivy. Distance parcourue: 52km

Journée agréable, couvert au départ puis de belles éclaircies et enfin grand soleil.
Parcourir le chemin de halage est très apaisant, nous avançons tranquillement en pleine nature, loin de la pollution des véhicules motorisés. Nous sommes seuls ou presque. Et dire qu’au même moment, il y a foule sur les côtes bretonnes! Malgré tout, la journée est longue pour Laurence qui a des envies d’abandon: elle a mal partout. Je tente de la remotiver comme je peux…
Nous passons la nuit chez des gens adorables dans une superbe maison à un jet de pierre du château des Rohan.





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